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Sourires sans ombre

  • Photo du rédacteur: ldel96
    ldel96
  • 19 févr.
  • 2 min de lecture


Il me semblait, depuis bien des années, que le monde manquait cruellement de sourires et de gentillesse. Autour de moi, je ne voyais souvent que des visages fermés, hermétiques. Seuls mes ami-e-s et m'offraient ces vrais sourires, sincères et lumineux.

Il y a quelques jours, mon nerf sciatique a repris sa mélodie bien connue… Douleurs lancinantes, marche hésitante sur quelques mètres, s'asseoir au prix de décharges électriques dans la cuisse, nuits écourtées… Courbé en avant, en quête d'un appui proche, chaque trajet anodin s'est transformé en une longue épreuve, ponctuée de brûlures et de souffrances.


Aujourd'hui, rendez-vous chez mon médecin. Il était de très bonne humeur, comme toujours, et aussi professionnel qu'à son habitude. Avec mon ordonnance en main, je me suis rendu à la pharmacie, plié en deux, le visage marqué par la douleur. Appuyé – ou plutôt agrippé – à une colonne, je patientais dans une file d'attente interminable, pestant intérieurement contre ces éclairs fulgurants qui traversaient ma jambe et mon dos.

Ce fut alors qu'une dame, derrière moi, me dit avec une douceur inattendue : «Il y a une chaise là-bas, allez-vous asseoir, vous n'aurez qu'à vous lever quand ce sera votre tour. »

Une autre, plus insistante, voulait même me céder sa place. Je refusais, car ce n'était pas l'attente qui me pesait, mais bien la station debout.


Lorsque mon tour arriva, l'assistante me prit l’ordonnance et prépara mes médicaments avec un sourire chaleureux. L'un d'eux manquait en stock. Alors, sans hésitation, elle contacta une pharmacie concurrente à proximité et me le fit réserver. Un geste simple, naturel, qui me toucha profondément.


Une marche douloureuse plus tard, j'atteignis cette deuxième pharmacie. La pharmacienne m'invita immédiatement à m'asseoir, avec ce même sourire bienveillant. Elle prépara mon traitement et m'expliqua tout sans même que j'aie besoin de me lever.

De retour dans le tram, je m'assis enfin en poussant un soupir de soulagement. À ma grande surprise, un soupir tout aussi profond résonna en écho. Je tournai la tête et croisai le regard d'une dame âgée, appuyée sur sa canne. Elle me souriait. C'était l’écho de mon soupir.


Ces sourires, cette gentillesse, cette empathie m'ont empli de joie et d'espoir.

Peut-être, à force de lire des nouvelles sombres, avais-je oublié de voir réellement les visages m’entourant. Peut-être que mon regard s'était laissé envahir par trop d'ombres, occultant ces « bons gens » encore prêts à tendre la main, à offrir un sourire, un peu de chaleur, sans rien attendre en retour.


Ma douleur m'a au moins offert ce beau cadeau : une lumière sur cette partie d'humanité veillant encore, discrètement et précieusement. Une petite flamme d'espoir s'est rallumée en moi, et je la chérirai, pour qu'elle alimente mon esprit d'un feu de joie.

 

 
 
 

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